L'UE est-elle prête à reconnaître la plante entière et à passer à un seuil de 1 % de THC ?

L'industrie européenne du chanvre se trouve à un tournant potentiel. Après des années de plaidoyer de la part de Association européenne du chanvre industriel (EIHA), une proposition historique de la Commission européenne est en cours d'examen et pourrait enfin moderniser le cadre réglementaire de l'une des cultures les plus durables d'Europe.
Dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) 2028-2032 Dans cette revue, les législateurs débattent d'un changement fondamental : abandonner les définitions restrictives et dépassées au profit d'une approche scientifique qui reflète les réalités agronomiques et économiques du 21e siècle.
La proposition : officialiser la reconnaissance de la « plante entière »
La pièce maîtresse de la proposition de la Commission est une précision attendue depuis longtemps : toutes les parties de la plante de chanvre, y compris les feuilles et les fleurs, devraient être officiellement reconnues dans le cadre agricole de l'UE.
À l'heure actuelle, l'industrie évolue dans un paysage fragmenté où certaines parties de la plante sont traitées comme des produits agricoles tandis que d'autres tombent dans une zone grise réglementaire. Cette proposition vise à :
- Instaurer la sécurité juridique : En classant la plante entière comme matière première agricole, l'UE mettrait fin à la « loterie légale » à laquelle sont confrontés les agriculteurs et les transformateurs.
- Libérez le potentiel économique : Les agriculteurs pouvaient enfin utiliser la totalité de la récolte, maximisant ainsi leurs revenus grâce aux fleurs et aux feuilles plutôt qu'aux graines et aux tiges.
- Standardiser le marché intérieur : Des règles uniformes empêcheraient les États membres d'appliquer des restrictions divergentes, ce qui favoriserait une bioéconomie européenne plus compétitive.
Le seuil de 1 % de THC : adaptation à la réalité mondiale
Parallèlement au langage « plante entière » de la Commission, l'EIHA plaide fermement en faveur d'une harmonisation Seuil de THC de 1,0 % pour la culture industrielle du chanvre. Alors que la limite actuelle de l'UE est de 0,3 %, la promotion de 1 % est motivée par la nécessité d'une agriculture pratique et résiliente aux changements climatiques :
- Protection contre les « pics climatiques » : La hausse des températures mondiales et de l'intensité des UV peut amener les cultures de chanvre conformes à produire naturellement des niveaux de THC légèrement plus élevés. Une limite de 1 % constitue la réserve nécessaire, garantissant que les agriculteurs ne sont pas pénalisés pour des facteurs environnementaux indépendants de leur volonté.
- Diversité génétique : Un seuil plus élevé élargirait considérablement le catalogue variétal de l'UE, permettant l'utilisation de génétiques plus robustes et plus productives actuellement utilisées dans des pays comme la Suisse et les États-Unis.
- État non enivrant : La science montre clairement que le chanvre industriel à 1 % de THC n'est pas enivrant. La sécurité des consommateurs continuerait d'être protégée par des réglementations strictes sur les produits finaux.
Ce que cela signifie pour l'avenir
Le chanvre est la pierre angulaire de Pacte vert pour l'Europe, capable de séquestrer de grandes quantités de carbone et de fournir des matières premières pour tout, des textiles aux constructions neutres en carbone. Cependant, sa croissance a été freinée par l'absence d'un cadre juridique cohérent.
Bien que ces mesures soient actuellement propositions qui seront débattus par le Conseil et le Parlement dans les mois à venir, ils représentent l'étape la plus importante vers un secteur européen du chanvre compétitif depuis des décennies. À CBD Seed Europe, nous pensons que l'adoption d'un cadre contenant 1 % de THC pour la plante entière n'est pas simplement une mise à jour réglementaire, c'est la base essentielle d'une agriculture européenne plus verte et plus résiliente.


